A l’invitation de l’association Le Chaînon manquant et du Crédit Agricole des Savoie, près de 120 acteurs de la montagne ont assisté à la conférence dédiée aux mobilités durables dans les Alpes. Au cœur du sujet, les ascenseurs valléens, ces liaisons entre fonds de vallée et sites d’altitude, très répandues en Suisse, en Autriche ou en Italie. Dédiées aux transports des personnes (touristes en journée ou en séjour, habitants, saisonniers) et des marchandises, elles sont peu représentées dans nos massifs français, où la route a toujours été privilégiée.

A l’heure de la saturation des réseaux routiers en montagne, des risques naturels accrus par le réchauffement climatique ou encore de la pollution atmosphérique et sonore générée par le trafic automobile dans les vallées alpines, ces appareils multiservices retrouvent leur pertinence. Plus rapides qu’une liaison routière, plus sûrs et peu carbonés, ils sont également considérés comme des outils majeurs au service du développement du tourisme multi-saisons en montagne.

Simplifier et fluidifier le parcours client

Dans le quatrième volet de son plan Montagne, la Région Auvergne-Rhône Alpes s’est d’ailleurs engagée à soutenir les projets d’ascenseurs valléens, dès lors qu’ils répondent à deux objectifs majeurs : sécuriser les parcours d’accès aux stations de montagne et diminuer la circulation automobile, ainsi que l’impact environnemental des transports dans les Alpes. Fabrice Pannecoucke, conseiller régional délégué au programme des ascenseurs valléens, en ouverture de la conférence, a révélé le nom des deux premiers équipements pouvant compter sur une aide financière de la collectivité territoriale, sur la dizaine envisagée dans les Alpes du Nord : le funiculaire des Arcs reliant Bourg-Saint-Maurice et la station d’Arc 1600 (2,4 M€ pour un coût total de 8 M€) et l’Orelle Express entre Orelle et Val Thorens (10 M€ sur une enveloppe globale de 40 M€).

Les deux installations savoyardes ont fait l’objet d’une présentation détaillée par leur opérateur aux côtés de trois autres : le Skyvall dans les Hautes-Pyrénées, premier ascenseur valléen nouvelle génération en service depuis août 2019 entre la vallée du Louron et la 4ème station des Pyrénées, Peyragudes ; l’Alpe Express, liaison interurbaine au centre de l’Alpe d’Huez avec raccordement possible à la ville de Bourg-d’Oisans, et enfin l’Eau d’Olle Express, ascenseur valléen entre Allemond et Oz-en-Oisans, porte d’entrée vers l’Alpe d’Huez Grand Domaine.

Ces ascenseurs valléens sont technologiquement différents, mais sont tous le fruit d’un savoir-faire 100% européen, avec des constructeurs innovants comme Doppelmayr, Leitner ou Poma. Particulièrement aboutis, ils visent à l’amélioration du parcours client pour qui le principal frein à la mobilité douce est la rupture de charge. D’où l’importance pour les destinations touristiques d’offrir une intermodalité en lien avec l’ascenseur valléen la plus agréable et la plus fluide possible. Grâce au déploiement de services et équipements co-latéraux de qualité. Notamment du côté du réseau de transport collectif en aval de l’ascenseur valléen. Certains opérateurs testent dans ce domaine des modèles alternatifs inédits, à l’image de la navette autonome électrique de Val Thorens. Un véhicule utilitaire et touristique, comme les ascenseurs valléens vecteurs d’évasion dès les premières minutes de montée !

Des dossiers longs et exigeants

Jean Hirigoyen (à droite sur la photo ci-contre), le président du Chaînon manquant, et tous les intervenants de la matinée ont rappelé combien les projets de création d’ascenseurs valléens exigent une mobilisation de longue haleine des acteurs. Car pour franchir les multiples procédures administratives et juridiques, il faut constituer des dossiers bien documentés, à l’appui d’études approfondies, notamment sur le volet de leur impact environnemental et les compensations proposées. De l’avis des experts, il faut compter une dizaine d’années entre l’idée et la concrétisation de ces Unités Touristiques Nouvelles, soumises à inscription dans les Schémas de cohérence territoriale (SCoT).

« Vous pouvez compter sur l’accompagnement du Crédit Agricole des Savoie dans le financement de ces projets de mobilité structurants pour le territoire mais coûteux« , a indiqué Cyril Gouttenoire, directeur du Pôle Montagne de la Caisse Régionale (à gauche sur la photo ci-dessus), invitant les opérateurs à penser très en amont les montages juridique et financier de ces équipements, qui déterminent les solutions de financement. Et in fine leur réalisation. C’est pour cela que les collectivités publiques doivent être de la partie pour à la fois fédérer l’ensemble des acteurs, faciliter les projets dont les dossiers administratifs sont très complexes, et participer à leur financement.

Légende photos ( de gauche à droite, de haut en bas dans le sens de lecture ) :  Photo à la Une :  Funiculaire Les Arcs – Photo n°1 : Croisement ancien et nouveau funiculaire Les Arcs – Photo n°2 : Funiculaire de l’Orelle-Express – Photo n°3 : Fabrice Panneckouke conseiller régional – Photo n°4 : Pierre Josserand, président de la SETAM à Val Thorens – Photo n°5 : Richard Laborie, directeur général adjoint du Crédit Agricole des Savoie et Jean Hirigoyen président du « Chaînon manquant » – Photo n°6 : de gauche à droite : Jean Hirigoyen, Laurent Vanat (consultant) et Laurent Reynaud, délégué général des Domaines Skiables de France.

Crédit photos et article : Sophie Chanaron – Octobre 2019 – Photo à la Une : Bruno Fournier.