Le skieur professionnel Antoine Dénériaz avait fait de la descente sa spécialité. Une discipline qui combine vitesse, maîtrise technique… et un courage à toute épreuve ! Et du courage, il lui en a fallu quand, du jour au lendemain, il a dû envisager sa reconversion. Aujourd’hui à la tête de sa marque de ski, le champion Haut-Savoyard a pu compter sur le soutien du Crédit Agricole des Savoie à chaque étape de son projet.

Sacré champion olympique de descente aux JO de Turin en 2006, monté plusieurs fois sur le podium en Coupe du Monde au début des années 2000, Antoine Dénériaz a mis un terme à sa carrière de skieur professionnel fin 2007, après une grave chute. Au lendemain de cette retraite sportive prématurée, il s’engage d’abord comme « ambassadeur » pour ses sponsors. En parallèle, il lance en 2009 ses premiers accessoires, casques et masques, sous la marque Dénériaz. Les produits sont fabriqués en Italie et commercialisé par une autre société, avant qu’Antoine Dénériaz ne reprenne la pleine maîtrise de son activité naissante en 2013.

 

Des pistes à l’entreprenariat

En 2017, sa rencontre avec le concepteur de skis Alain Zanco marque un tournant décisif. Depuis son atelier à Albertville, celui-ci entretient un savoir-faire rare, à l’image de l’exigence et des valeurs de l’ancien champion. « Nous partagions le désir de transmettre son savoir-faire en formant des jeunes pour perpétuer en Savoie et Haute-Savoie cet artisanat du ski d’exception, fait main, avec les meilleurs matériaux… », souligne-t-il. Les premiers skis Dénériaz signés Alain Zanco, sortent à l’hiver 2017-2018 et, dans la foulée, Antoine Dénériaz fait une levée de fonds pour racheter cet outil de production et donner naissance à la Manufacture Dénériaz en 2018. Nouvelle étape majeure en 2020 : l’entreprise acquiert des locaux à Doussard pour y déménager l’atelier de fabrication, y installer des bureaux et un show-room.

Présent à ses côtés depuis le début de sa carrière, le Crédit Agricole des Savoie a accompagné Antoine Dénériaz dans sa reconversion. « Attentifs à mes besoins, ils ont cru en mon projet et m’ont soutenu alors que sur le papier rien n’était gagné ! Je leur suis très reconnaissant de cela. » L’ancien champion avait en effet déjà un « nom » dans le milieu, mais il lui restait à asseoir sa crédibilité en tant que marque de ski. Un pari rendu d’autant plus difficile par la pandémie : « Sur trois années, nous avons fait seulement un hiver et demi, c’est très compliqué pour un lancement… » Pour autant, il a su convaincre sa banque de le suivre dans ses investissements. Sur ce dossier, la conseillère pro (Patricia Mèle en 2013, puis Alexandra Lemoine en 2018 et 2020) a fait appel à Yves Pavillet, analyste au Crédit Agricole des Savoie : « Mon rôle est d’apporter une analyse financière ou juridique complémentaire… En veillant toujours au meilleur des intérêts pour les deux parties », précise-t-il. « L’expertise technique d’Yves m’a été indispensable sur ce dossier plutôt complexe qui mêle projet industriel et reconversion », renchérit Alexandra Lemoine.

 

Réinventer le ski « haute-couture »

Sur un marché du ski grand public dominé par quelques acteurs historiques, Antoine Dénériaz a fait le choix du très haut de gamme. Pour toucher sa cible, il mise entre autres sur des partenariats avec quelques hôtels de luxe qui mettent ses produits à disposition de leurs clients. « C’est un bel exemple de reconversion réussie, assure Yves Pavillet, et c’est une fierté d’avoir pu y contribuer. »

Article dUni-médias – février 2022 – Crédit photos : Deneriaz-ski